Lundi 30 juin 2008

sous la direction de Marc Vignal (ouvrage collectif)


Distinguer la musique tonale de la musique modale, découvrir l'oeuvre de Charles Lamoureux, chef d'orchestre bordelais, le marimba sorte de xylophone, être incollable sur les genres musicaux, les compositeurs célèbres ou oubliés, aux interprètes contemporains vous trouverez dans ce Dictionnaire de la Musique, pas moins de 5 000 entrées essentielles à la compréhension de nos plus pages d'écriture musicale, des origines à nos jours. Un ouvrage essentiel pour les mélomanes en herbe ou confirmés.

Dictionnaire de la Musique
Marc Vignal
Edition Larousse
Collection "In Extenso"
1516 pages. 26€. ISBN:2-03-575040-7

par Elodie Guernalec publié dans : Musique, spectacle vivant
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Vendredi 27 juin 2008

de Nathanaëlle Bouhier-Charles & Monica Companys.



Un coup de coeur particulier pour cette collection "Signe avec moi", qui étend l'utilisation de la langue des signes aux enfants entendants. Etrange, non ?
Et pourtant. La Langue des Signes  Française (LSF) est une langue à part entière qui vous aidera à communiquer avec bébé qui a tant de choses de vous dire ! Il vous les dit déjà à sa façon, et il est important de garder une attentiont toute particulière à son propre langage, mais lui apprendre quelques mots enrichira votre dialogue .
"Signe avec moi" comprend 460 signes classés par thèmes: les activités quotidiennes, les émotions et sensations, la nourriture, la nature et le monde qui nous entoure, les personnes, les petits mots de communication.


Cette collection s'étend à un deuxième titre "Bébé signe", un DVD et des fiches mémo.
Signe avec moi !
"Signe avec moi" est le fruit d'un travail de longue haleine entamé par les éditions Monica Companys, depuis 1994, date à laquelle cette maison d'éditions, en lien avec l'association FormaSignes, a choisi de développer des outils, livres, affiches et autres supports, d'apprentissage de la LSF.

http://www.monica-companys.com/

Pas encore convaincu ? Regardez cette vidéo ...


Signe avec Moi
envoyé par mcompanys

Signe avec Moi
Nathanaëlle Bouhier-Charles & Monica Companys
Editions Monica Companys
120 pages. 30€.
par Elodie Guernalec publié dans : Editeurs
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Samedi 21 juin 2008
de Jean-Sébastien Blanck.



Les éditions Alzabane sont des habituées de ce blog ! Et pour de très bonnes raisons.
La ligne éditoriale de cette jeune maison d'édition, qui fête ses 1 an, doublée d'une plume riche, fluide, et d'une imagination sans faille toujours renouvellée, en fait une maison d'édition particulièrement attachante !
Chaque livre étant destiné aux enfants d'aujourd'hui, hommes de demain, il porte en eux une ou plusieur(s) réflexions éthqiues, au sens premier du terme. Et en tant qu'aristotélicienne convaincue, comment ne pas l'apprécier alors qu'elle reprend ces mots du philosophe grec : "La fin de l'enfant, c'est l'homme."

Ce cinquième opus est égal aux premiers : originalité du sujet, qualité de l'écriture et plaisir de la lecture. Cette fois-ci, Jean-Sébastien Blanck, amène le jeune lecteur dans l'univers des fables. Exercice ardu et périlleux, quand il s'agit de donner une autre image des Fables que celles d'Esope et de La Fontaine. Tout comme ces prédécessrices, ces trois fables aux univers différents apportent chacune une réflexion philosophique pour une initiation en douceur, mais nourrie.
La Vigne qui aimait un lierre se déroule quelque part en Occitanie et nous conte la recherche d'une nouvel amour par un veuf inconsolable. Cette magnifique histoire d'amour est surprenante et son dénouement inattendu et poétique. La Cité des Sots, est elle savoureuse à souhait. Alors que la cité de Pélugia s'entiche des poissons, le regard amusé et jubilatoire sur les modes qui s'y reflète séduira également les adultes.
Quant au Dernier Dieu, votre enfant appréciera tout particulièrement son unviers mythologique, traité avec humour.
Jean-Sébastien Blanck fait à nouveau appel à un illustrateur argentin, Gaston Hauviller, qui utilise ici exclusivement l'aquarelle.  Un pays rcihe en talents à découvrir ...

Résumé de l'éditeur (tiré de La Vigne aui aimait un lierre":
"Je vais maintenant vous révèler ce prodige extraordinaire dont je fus le témoin, il y a plus de huit siècles. Il se déroula dans un pays, dont on disait, partout ailleurs, qu'il y soufflait le Vent des fous ... Plus tard, les seigneurs de cette contrée dirent que c'était l'oeuvre du Diable. Ils demandèrent aux moins de l'effacer de toutes les chroniques. Il est vrai que ce prodige était bien l'oeuvre d'une force surnaturelle : l'amour".

Alzabane en bref :
Création : juin 2007
Directeur : Jean-Sébastien Blanck
46 bis rue des Vignes  - 92140 Clamart
Tél. : 01 46 48 72 21
http://www.alzabane-editions.com
contact@alzabane-editions.com


par Elodie Guernalec publié dans : Littérature jeunesse
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Mardi 17 juin 2008

1608 – 2008 Québec fête ses 400 ans

Abbatiale Sainte-Croix (Bordeaux) – Jeudi 3 juillet à 20 h 30

 

 

Sagittarius et Orfeo ensemble baroque, vous proposent  un programme musical jamais entendu à Bordeaux, voire en France. A l’occasion des 400 ans de la ville de Québec, fondée justement un 3 juillet, et avec le soutien de Renaissance de l’orgue, l’abbatiale Sainte-Croix retentira de la musique des colons, soldats, missionnaires, Jésuites, bourgeois, aristocrates, qui tentaient de recréer sur les bords du Saint-Laurent les cérémonies musicales de la vieille patrie. Peu à peu, on a construit des orgues, apporté par bateau des violes et violons ; les Ursulines faisaient chanter des motets français et latins à leurs pensionnaires, les Jésuites traduisaient des cantiques en langue huronne ou abénaquise pour convertir des indigènes très musiciens, qui parvinrent à chanter à 4 voix. Les cahiers de musique venus de Paris  étaient achetés, vendus, raccommodés, légués et c’est ainsi que les historiens ont pu nous dire ce qui se chantait à l’orée du XVIII° siècle dans les chapelles de rondins ou la cathédrale de Québec.

            Aux accents du grand orgue, tenu par Réjean Poirier qui viendra de Montréal pour l’occasion, la procession des interprètes en costumes d’époque s’avancera dans la nef. On entendra ensuite sous la direction de Michel Laplénie la « Messe de Bordeaux » pour voix d’hommes, solistes (Vincent Lièvre-Picard, Marcos Loureiro) avec le soutien du serpent ; cette oeuvre très populaire au Québec alternera avec les « Louanges de Dieu » de Henry Desmarets pour choeur de femmes, continuo et soprano soliste (Sophie Pattey du haut de la tribune). L’organiste choisira de brèves pièces du « Livre d’orgue de Montréal » ; plus rares encore, quelques motets en langue abénaquise.

            Et pour finir en beauté, le « In Convertendo » d’ André Campra pour solistes, choeur et orchestre, seul grand motet dont la présence à Québec est attestée ; si nos cousins de Nouvelle-France n’eurent peut-être pas les moyens de le donner dans son effectif complet, Orfeo et Sagittarius l’offriront au public bordelais en hommage à ceux qui, perdus dans les neiges et les forêts, emportèrent là-bas la musique sacrée de  Paris, Versailles...et Bordeaux.

            Grâce au généreux soutien du Conseil régional d’Aquitaine, un tarif de 8€ vous est proposé (réduit : 5€). Billets : kiosque Culture (allées de Tourny), Lignerolles et à l’entrée du concert.

par Elodie Guernalec publié dans : Musique, spectacle vivant
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Samedi 14 juin 2008

Pour cause d'activité professionnelle un peu dense, le comité de lecture est reporté au 24 juin.


A lire


Paddy Clarke Ha Ha Ha

de Roddy Doyle



Il est la terreur de l'école municipale de Barrytown, un quartier sordide à la périphérie de Dublin dans les années 1960.
Son nom Paddy Clarke. Fan de Geronimo, ce gamin occupe son temps à imaginer les pires tours. Mais le garnement a un secret. Chez les Clarke, l'heure n'est pas à la concorde. Entre Sindbad, son cadet au mutisme inquiétant, et les disputes incessantes de ses parents, Paddy craque. Jusqu'à cette nuit où, à l'issue d'une ultime scène de ménage, des coups pleuvent et la porte claque. Son père vient de les abandonner.
A l'école, les rumeurs ne tardent pas à courir. Et l'enfant abandonné devient vite le souffre-douleur de toute la cour :
" Paddy Clarke n'a plus de papa Ha Ha Ha ".

(édition 10/18 - domaine étranger)

Si l'aventure vous tente, inscrivez-vous à l'adresse suivante : lireecoutervoir@yahoo.fr
Nous en débattrons par mail et chat sur le blog le 24 juin.
A l'issue de ce comité, temps forts et analyses des lecteurs seront présentés sur le blog !
A bientôt et bonne lecture ;)


par Elodie Guernalec publié dans : Actualités et vie du blog
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Samedi 7 juin 2008

Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, de Stefan Zweigde Stefan Zweig.

 

«Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.»

Sous le ton de la confession, une vieille dame respectable livre ses souvenirs à un jeune homme.


En villégiature dans une maison de vacances sur la Riviera, ils sont tous deux, comme l'ensemble des pensionnaire sous le choc du départ impromptu de Madame Henriette, qui décidat de suivre son coeur plutôt que son rang. Faisant fi de son statut de femme mariée, celle-ci cède aux sirènes de la nouveauté et suit son nouvel amant. Villipendée et décriée, cette femme sans moralité réveille chez  Mrs C. de douloureux souvenirs ... au grand étonnement du narrateur.

 

Cette étonnante Mrs C., qui garde l'anonymat, évoque ses premières années de veuvage, à 42 ans, lorsque face au décès de son mari, elle se résigne peu à peu à vivre une existence tranquille dédiée à l'éducation et aux soins de ses enfants. Ces derniers partis, face à elle-même, mais surtout face à ce vide laissé par la disparition de son mari, elle se laisse entraîner dans les tourbillons de la vie extérieure, au théâtre, en concert et au casino ... Plaisirs fugaces de la vie en société qui marqueront un tournant dans sa vie de femme, qui se concentreront en vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures d'une douce folie dont le venin se distillera des années encore après. 
Fascinée par les joueurs, elle peut passer des heures, hypnotisée par leurs mains, à suivre les aléas du hasard. Jusqu'à la rencontre avec un jeune homme, dont le magnétisme et la ferveur, la trouble profondément, au point que cette tocade, l'emmèn bien plus loin qu'elle le soupçonnait dans la douleur.


Ayant une nouvelle raison de vivre, elle s'investit d'une mission : sauver ce jeune homme de son infortune, pécuniaire et morale. Mais dans cette démarche salvifique, elle se leurre.
 


" Jamais encore, je n’avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudité effrontée.... J’étais fascinée par ce visage qui, soudain, devint morne et éteint tandis que la boule se fixait sur un numéro : cet homme venait de tout perdre !....Il s’élança hors du Casino. Instinctivement, je le suivis… Commencèrent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin ! "

 

Sous un titre qui peut sembler peu alléchant pour les lecteurs redoudant un simple roman sentimental se cache un court roman centré sur l'addiction : addiction au jeu, addiction au service rendu à l'autre ...  L'étude psychologique du jeune joueur invétéré réserve de belles descriptions de la frénésie, l'angoisse, la joie et le désespoir, de la gloire et à la richesse, à l'oubli et la pauvreté ... Intime de Freud, le travail de celui-ci lui a certainement inspiré ou apporté de nombreuses clés pour la rédaction de cette confession, aux allures d'analyse. Le tour de force de Zweig est de faire passer toutes ces émotions à travers le corps même de son protagoniste : ces mains auxquelles nous sommes suspendus, sont le meilleur vecteur de son état d'esprit.


"Malgré moi je pensais à chaque fois à un champ de courses, où au moment du départ, les chevaux excités sont contenus avec peine, pour qu'ils ne s'élancent pas avant l'heure fixée : c'est exactement de la même manière que les mains de joueurs frémissent, se soulèvent, et se cabrent. Elles révèlet, par leur façon d'attendre, de saisir et de s'arrêter, l'individualité du joueur : griffues, elles dénoncent l'homme cupide ; lâches, le prodigue ; calmes, le calculateu et, tremblantes, l'homme désespéré. Cent caractères se trahisent ainis, avec la rapidité de l'éclair, dans le geste que l'on fait pour prendre l'argent, soit que l'un le froisse, soit que l'autre nerveusement l'éparpille, soit qu'épuisé un joueur, fermant sa main lasse, le laisser rouler librement sur le tapis. [...] Je ne puis pas vous indiquer en détail, combien, pendant le jeu, il y a des milliers d'attitudes dans les mains, les unes bêtes sauvages aux doigts poilus et crochus qui agrippent l'argent à la façon d'une araignée, les autres nerveuses, tremblantes, aux ongles pâles, osant à peine le toucher, nobles et viles, brutales et timides, astucieuses et, pour ainsi dire, balbutiantes ; mais chacune a sa manière d'être particulière, car chacune de ces paires de mains exprime une vie différente, à l'exception de celles des croupiers, au nobre de quatre ou cinq."


Résumé de l'éditeur :

Au début du siècle, une petite pension sur la Côte d'Azur, ou plutôt sur la Riviera, comme on disait alors.
Grand émoi chez les clients de l'établissement : la femme d'un des pensionnaires, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée. Seul le narrateur prend la défense de cette créature sans moralité. Et il ne trouvera comme alliée qu'une vieille dame anglaise, sèche et distinguée. C'est elle qui, au cours d'une longue conversation, lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.
par Elodie Guernalec publié dans : Littérature
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Dimanche 1 juin 2008

Dans le cadre de la Loi sur la modernisation de l'économie (LME), actuellement débattue devant l'Assemblée nationale, un amendement visant à attaquer la Loi Lang en autorisant les soldes sur les livres édités depuis plus de un an a été déposé (l'amendement, en plus de réduire le délai de deux ans à un an, supprime le fait que les ouvrages doivent être en stock depuis plus de six mois ! ).

Pour voir cet amendement, cliquez ici.

Aucun débat préalable avec les professionnels n'a eu lieu. L'ensemble de la chaîne du livre, ainsi que le Ministère de la Culture, se mobilise contre cette proposition (communiqués ci-joints). Un autre amendement, qui proposait de réduire ce délai à six mois, a ainsi pu être retiré.


Vous aussi, vous pouvez faire pression : le plus efficace est d'adresser un courriel à votre parlementaire.
Pour ce faire, rendez vous à l'adresse suivante :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/

et laissez vous guider : en trois clics, vous tomberez sur la page présentant le député de votre circonscription, avec un lien direct sur son courriel.


Quelques mots suffisent : il faut agir très rapidement, car l'amendement sera débattu vraisemblablement dès lundi, la LME ayant fait l'objet d'une déclaration d'urgence.

 

Pour consulter le communiqué de presse du Ministère de la culture et de la communication, cliquez ici.

Pour consulter le communiqué de presse commun (SGDL, SNE et SLF) cliquez ici.

Pour consulter le communiqué de presse de la FILL, cliquez ici.

par Elodie Guernalec publié dans : Actualités et vie du blog
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Dimanche 1 juin 2008
de Florence Noiville

 

« Enfance / Insouciance. Rime pauvre et paresseuse. Calamiteuse. »


Cette autopsie d'une relation mère-fille évoque le pesanteur des secrets de famille pour une (trop) petite fille, face à l'opacité du monde des adultes. A l'occasion de cette donation, l'auteur revient sur sa jeunesse avec une mère maniaco-dépressive, à une époque, où cette maladie n'était pas encore reconnue comme une maladie, mais perçue comme un tempérament extravagant. Incompréhension de la mise à l'écart et douleurs du passé se font plus vives en se penchant sur l'après-parents. Se confronter à la mort a un pouvoir réfléchissant duel. Dans un jeu de miroir, Florence Noiville est amenée à examiner sa vie et ses relations avec ses parents. Sa vie telle qu'elle est, telle qu'elle était, telle qu'elle était rêvée. Toutes ces « vies » ont un dénominateur commun, une seule et même source, une origine et un commencement : la naissance et la jeunesse. C'est le chemin qui mène Florence Noiville à analyser cette donation : il ne s'agit pas d'un simple transfert de propriété (de nue-propriété symbole de dépouillement et d'un entre-deux). Non. Cette donation matérielle révèle au grand jour, une autre donation impalpable, inchiffrable et non-monétaire : celle de l'éducation et de l'amour, de nos forces et de nos faiblesses, ce qui fait la richesse et l'unicité de chacun. Mais au-delà, en filigrane, elle nous pose cette question : et si notre vie était conditionnée par quelques héritages hors de notre contrôle ? N-at-elle pas mené sa vie, en fonction de cette épreuve  ? Y-at-il réellement des familles « maudites » dont les blessures suivent et poursuivent les générations ? Peut-on recevoir les maladies de l'âme en héritage ?

Mais La Donation nous conte également une histoire d'amour. Celle de la narratrice avec ses parents. Comme toute histoire d'amour, celle-ci n'est pas dénuée de conflits, d'incompréhension mais aussi de passion (ibid de souffrances) , quand imperceptiblement ou brutalement nous quittons l'enfance :


« Nous sommes tous orphelins. Notre soif de consolation est inépuisable. J'avais dix ans quand j'ai perdu mes parents. Tous les deux sont en pleine forme aujourd'hui, mais je ne cesse de remuer ciel et terre pour retrouver quelque chose de la vie d'avant. Quoi, je ne saurais le dire exactement. Je cherche le sol primitif. Une trace d'avant le vacillement du monde. »


Chaque enfant est marqué par une pierre, petit caillou ou gros rocher, contre lequel il trébuche et qui marque la fin de son « innocence » , telle une initiation, lors de laquelle les masques tombent. La Donation évoque également ces souvenirs vifs ou pauvres, difficilement appréciables par leur éloignement dans le temps et notre « habit » d'adulte.


« Tout tournait autour. La donation ou plutôt le don. Avec toutes ses variations : l'abandon, le don, le pardon. »


Journaliste et rédactrice en chef du Monde des Livres,Florence Noiville signe ici son premier roman, après un passage prolifique en littérature jeunesse et une biographie d'Isaac B.Singer. Elle écrit également sous son nom d'épouse, Florence Hirsch, sous lequel elle a publié le merveilleux roman jeunesse, Je Cherche Les Clés du Paradis, qui évoque le deuil et la perte et fait écho à la Donation.

 

La Donation
Florence Noiville
Edition Stock
126 pages. 13€. ISBN :
978-2-234-05903-0

par Elodie Guernalec publié dans : Littérature
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Lundi 26 mai 2008

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Leede Harper Lee


 

« Ce fut le début du plus long voyage que nous fîmes ensemble ... »

 

Un livre-phénomène de la littérature américaine, voilà ce qu'est Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur. Prix Pulitzer de 1961, il évoque l'enfance face aux préjugés et à l'injustice.

Maycomb, Alabama, état sudiste. Nous sommes en pleine « Grande Dépression », cette crise économique qui eut pour effet néfaste une paupérisation galopante de la population confrontée à la ruine. Jem et Scout sont en vacances. Fils et fille d'Atticus Finch, notable et avocat local, la vie est douceur et plaisir, surtout à cette époque de l'année. Jem est un petit garçon désinvolte, aimant les défis. Scout est un garçon manqué, enfant bagarreuse qui dévire tous les livres qui tombent sous la main. Tous deux se révèlent être intelligents, astucieux et espiègles, ce qui les embarquent dans des situations pour le moins cocasses.Ils se lient d'amitié avec Dill, enfant bravache, qui cache sa tristesse d'être orphelin.

L'imagination de cette petite bande est avivée par le mystère enveloppant la famille Radley, dont le fils « Boo » aurait tenté de poignarder son père et vite depuis reclu chez lui sans donner signes de vie ... Ils se lient d'amitié avec Dill, enfant bravache, qui cache sa tristesse d'être orphelin. L'imagination de cette petite bande est avivée par le mystère enveloppant la famille Radley, dont le fils « Boo » aurait tenté de poignarder son père et vite depuis reclu chez lui sans donner signes de vie ...

Arrive alors pour Jem le temps de la raison. Désormais il doit agir en « monsieur » tel que son âge l'exige. Quant à Scout, elle découvre avec stupéfaction lors d'une intercade (?) avec son cousin que son père serait un « ami des nègres » ... En effet Atticus a été commis d'office pour défendre Tom Robinson, serviteur Noir, accusé d'avoir violé une jeune femme blanche. Dès lors l'univers des deux enfants bascule, confrontés aux rumeurs, aux préjugés et au mal.

 

Livre-phénomène publié en 1961, lorsque la lutte pour les civil rights (1) battait son plein, 100 ans après l'abolition de l'esclavage, Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur, l'est à plusieurs points de vue : seul et unique (?) ouvrage d'Harper Lee, il est considéré comme un livre fondateur de la littérature américaine (2)

Mais ce qui fait la richesse de cet ouvrage, c'est l'universalité de l'enfance qui y est dépeinte. Harper Lee a su restitué les tumultes et tempéraments de la jeunesse avec sincérité et justesse. Justesse de l'écriture qui trouve les bons mots, et sincérité qui donne le chapitre à Scout, narratrice et certainement double littéraire de Lee. Lee ne trahit pas ou ne travestit pas les propos de cette enfant : au fur à mesure que Scout grandit, son raisonnement et sa rhétorique évoluent et se reflétent à travers une écriture vive et limpide, par moments drôle, pinçante ou cruelle comme peuvent être les enfants. Vraie ou fausse autobiographie ? Harper Lee a toujours démenti que ce soit son autobiographie. Pourtant Scout et elle enfant sont semblables par leur goût de la lecture et leur caractère frondeur, Maycomb ressemble trait pour trait à Monroeville, cité qui a vu grandi Lee, Atticus est inspiré par son père, Dill représentre Truman Capote, et l'affaire Scottsboro (3) a inspiré le drame de Tom Robinson ... Mais les points divergents sont également nombreux, peut-on alors qualifier Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur d'une autofiction avant l'heure ?

Bien que datant de 1961, ce livre est toujours d'actualité, notamment aux Etats-Unis, où il fait l'objet d'attaques pour être retiré du programme scolaire des lycéens ... au même titre que Leaves Of Grass (4) , recueil de poèmes de Walt Whitman ou Les Aventures d'Huckelberry Finn de Mark Twain.

Avis aux cinéphiles ! En 1962, Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur a fait l'objet d'une adaptation cinématographique, intitulée Du Silence et Des Ombres (To Kill A Mockingbird

), avec Grégory Peck en Atticus Finch, Robert Duvall en « Boo » Radley. Elle a été couronné de trois Oscars.

Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur
Harper Lee
Editions de Fallois
345 pages. 19,80€. ISBN : 2-87706-550-2

 


(1) lutte pour les « droits civiques » des Noirs (African-American Civil Rights Movement – 1955-1968), qui faisaient encore l'objet d'une très forte ségrégation, instituées par les lois « Jim Crow » (équivalent de « Monsieur Dupont » donné aux Afro-américains). Cette lutte, qui débuta avec le refus de Rosa Parks de s'asseoir aux places prévues pour les Noirs dans un bus, a abouti au Civil Rights Act de 1964, qui proscrit tout type de discrimination, et lance les premières politiques d'affirmative action, soit la « discrimination positive ». Les personnages historiques charismatiques de ce mouvement sont Malcom X, chef des Black Panthers, et Martin Luther King, connu notamment pour son discours « I have a dream ».

(2) Le deuxième après la Bible en 1991.
(3)
L'affaire des Scottsboro Boys : dans les années 30, en Alabama, neuf jeunes garçons Noirs, âgés de 12 à 19 ans, sont accusés de viol par deux jeunes femmes WASP. L'affaire fit la Une judiciaire pendant près de 20 ans avant que justice soit réellement rendue.
(4) Feuilles d'herbe (traduction de Jules Laforgue). Louange sensuelle à la Nature, au corps et au matériel, ces poèmes publiées en 1855, furent taxés de « contraire aux bonnes moeurs », lors d'un procès en 1882 ... tout comme Madame Bovary en France en 1857.

par Elodie Guernalec publié dans : Littérature
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Lundi 19 mai 2008
Grâce aux éditions Mango ! Pour l'amour de Vincent (Van Gogh),  Pour l'amour d'Auguste (Renoir) et Pour l'amour de Claude (Monet) plongent votre enfant dans l'univers de ces peintres impressionnistes.
Deux oursons se font les compagnons de route du jeune néophyte, qui parcourt et découvre leurs principaux chefs d'oeuvre, au fil d'une histoire illustrée "à la manière de " ces peintres .

 Edités dans la collection "Les p'tits albums", on apprécie particulièrement le format adapté à un jeune enfant, maniable, à la reliure résistante. Les histoires sont attendrissantes, les textes brefs et facilement compréhensibles pour un enfant dès 3 ans.
Un petit bémol, le nom de Van Gogh n'est aucunement cité dans l'album qui lui est consacré, et un index des oeuvres ayant inspiré les illustrations aurait constitué un petit plus pour les parents ou les enfants souhaitant découvrir le vrai tableau.
Pour les plus grands (6-7 ans) il permet une première approche de la lecture simple. Ces deux albums richement illustrés permettent de découvrir de façon ludique (pourquoi pas chercher le petit ours dans chacune des toiles ?) les oeuvres phares de ces deux peintres de génie, mais également des oeuvres plus "confidentielles".

Ces albums demeurent un bonheur simple à partager ...


Pour l'amour de Vincent / Pour l'amour d'Auguste / Pour l'amour de Claude
Brenda V Northeast. Adaptation française : Dider Dufresne
Editions Mango. Collection "Les P'tits albums"
Dès 3 ans. Environ 30 pages. 6€.

Pour aller plus loin :
Site des éditions Mango
Site Les Grands Peintres - Musée Virtuel

par Elodie Guernalec publié dans : Littérature jeunesse
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En quelques mots

  • : Ancienne bibliothécaire, je vous propose de découvrir mes coups de coeur lecture, mais également des auteurs et artistes connus et méconnus. Les petites maisons d'édition et les maisons d'édition spécialisées seront bientôt à l'honneur. Je vous souhaite de trouver ici de nombreuses et agréables découvertes pour agrémenter vos loisirs ! lireecoutervoir[at]yahoo.fr

Où est-ce ?

Cabinet de curiosités

free music

Prenez votre temps et lisez


Comité de lecture du 14 juin


A lire

Paddy Clarke Ha Ha Ha

 de Roddy Doyle

 

Il est la terreur de l'école municipale de Barrytown, un quartier sordide à la périphérie de Dublin dans les années 1960.

Son nom Paddy Clarke. Fan de Geronimo, ce gamin occupe son temps à imaginer les pires tours. Mais le garnement a un secret. Chez les Clarke, l'heure n'est pas à la concorde. Entre Sindbad, son cadet au mutisme inquiétant, et les disputes incessantes de ses parents, Paddy craque. Jusqu'à cette nuit où, à l'issue d'une ultime scène de ménage, des coups pleuvent et la porte claque. Son père vient de les abandonner.
A l'école, les rumeurs ne tardent pas à courir. Et l'enfant abandonné devient vite le souffre-douleur de toute la cour :
" Paddy Clarke n'a plus de papa Ha Ha Ha ".

(édition 10/18 - domaine étranger)

Si l'aventure vous tente, renseignements à l'adresse suivante : lireecoutervoir(at)yahoo(point)fr
Nous en débattrons par mail et chat sur le blog le 14 juin.
A l'issue de ce comité, temps forts et analyses des lecteurs seront présentés sur le blog !
A bientôt et bonne lecture ;)

Un p'tit coup de pouce à l'équipe de Babelio et leur programme Masse Critique !
Soyez également des agitateurs de lecture !


Le nez dedans


Suite indochinoise, Jean-Luc Coatelem



 Résumé de l'éditeur :
Au début des années 1990, alors qu'il n'est encore qu'un jeune homme aventureux et passablement désargenté, Jean-Luc Coatalem part à la découverte du Vietnam communiste, qui commence seulement à s'ouvrir au tourisme.
Il emporte dans ses bagages quelques livres, mais son premier compagnon de voyage n'est autre que l'ombre tutélaire de son grand-père, Camille Coatalem, un officier d'infanterie coloniale qui fut en poste en Indochine dans les années 1920. Publié pour la première fois à La Table Ronde en 1993, Suite indochinoise, salué par la critique, a été réédité au Dilettante en 1999. Augmentée d'un texte écrit au fil d'un deuxième voyage, cette réédition dans La Petite Vermillon s'enrichit d'un avant-propos de l'auteur.

Court voyage équinoxial, Sébastien Lapaque



Résumé de l'éditeur:
Curieux de vastes ailleurs, attentif à l'Histoire comme aux anecdotes, Sébastien Lapaque nous entraîne au cœur d'une Amazonie à la fois réelle et rêvée, d'autrefois et d'aujourd'hui.
Tout en poursuivant, jusqu'à Salvador de Bahia, le fantôme du père Vieira, défenseur des droits des Indiens, il s'intéresse à l'élection de Luis Inacio Lula da Silva ou à la déforestation, et se laisse bercer par le chant des toucans. Dans ce carnet de voyage très personnel, où voisinent bagnards de Guyane et grandes figures du Brésil, se mêlent paysages, rencontres et souvenirs.

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